|
LE MONDE ARTICLE PARU DANS L'EDITION
DU 16.07.02
Dans le 14e arrondissement de Paris, un quartier
pas si "tranquille"
Les avis des riverains et des commerçants sont partagés.
L'artisan-plombier se plaint de ne plus pouvoir dépanner
ses clients du quartier, le droguiste parle de "mort du commerce
de proximité".
Les automobilistes qui veulent rentrer dans Paris par les rues du
premier "quartier vert" Alésia - Tombe-Issoire
du 14e arrondissement parisien ont été contraints
de changer leurs habitudes depuis le 1er juillet. Cela ne va pas
sans heurts. Les "quartiers verts" ont été
imaginés par la municipalité de Bertrand Delanoë,
dans le cadre de sa politique de limitation de la place de la voiture
à Paris. Ils ont été choisis parce que, situés
à proximité d'importants axes de circulation, ils
connaissent un important trafic de transit. L'idée est de
décourager les automobilistes, en transformant ces quartiers
en labyrinthe pour voitures.
Ainsi, l'ancien axe de transit de la rue de la Tombe-Issoire et
de la rue du Père-Corentin n'existe-t-il plus. Les véhicules
doivent emprunter les grands axes - avenue du Général-Leclerc
et avenue du Maine, ou, sinon, se débattre entre chicanes,
rétrécissements de chaussées, sens uniques,
tas de sable, bulldozers en activité...
Les avis des riverains et des commerçants sont partagés.
L'artisan-plombier se plaint de ne plus pouvoir dépanner
ses clients du quartier, le droguiste parle de "mort du commerce
de proximité". Loly, dans la rue du Père-Corentin,
n'apprécie pas la transformation et a signé la pétition
qui circule dans le quartier : "Les automobilistes roulent
dans tous les sens. La circulation devient infernale entre 17 h
30 et 20 heures !" Eric, au contraire, savoure cette nouvelle
vie : "On va enfin pouvoir profiter du quartier. Les automobilistes
traversent peut-être un labyrinthe, mais ça les ralentit.
Il faut que les gens s'habituent au nouveau trajet."
Ce sentiment est partagé par Geneviève Bellenger,
conseillère municipale du 14e arrondissement, déléguée
aux transports, à la circulation, au stationnement et à
la voirie. "Notre but n'est pas d'encombrer des rues du quartier
pour en alléger d'autres, mais de retrouver la qualité
de vie d'un village avec ses rues locales sécurisées,
ses commerçants dynamiques."
VISITE DE TERRAIN
Pour l'adjoint (Vert) au maire de Paris chargé de la circulation,
Denis Baupin - qui doit réunir une conférence de presse,
mardi 16 juillet, pour évoquer notamment la nouvelle politique
municipale en matière de circulation -, " s'il y a un
problème de report de trafic dans les petites rues, il devra
être réglé" avec Yves Cochet, député
(Vert) de la circonscription et Pierre Castagnou (PS), maire du
14e. M. Baupin pourrait effectuer une visite sur le terrain à
la rentrée pour évaluer l'efficacité et les
problèmes du dispositif. De son côté, M. Castagnou
affirme : "Un comité de suivi va être créé
pour écouter, changer des points si nécessaire. Notre
but est d'homogénéiser le quartier."
Des commerçants favorables au "quartier vert"
sont en train de constituer une association. Mais les riverains
mécontents ne baisseront pas les bras. "Vous n'imaginez
pas les problèmes que les commerçants rencontrent
pour être livrés avec le trafic si dense de la rue
d'Alésia...", soupire Serge, restaurateur.
Aude Fayolle
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.07.02
>>TOP
|